Myopathie Atypique, un printemps sous haute vigilance

La série de cas attendue pour le printemps arrive. Le nombre de cas de myopathie atypique ne cesse d’augmenter ces derniers jours.

La myopathie atypique qu’est-ce que c’est ?

La myopathie atypique, ou myoglobinurie atypique, est une maladie saisonnière provoquée par une toxine (hypoglycine A) présente dans les graines d’arbres de type érable. Cette toxine, une fois ingérée, se transforme en composé toxique, le MCPA-CoA (methylenecyclopropyl acide acétique CoA). Cette maladie se traduit par la destruction des muscles posturaux, respiratoire et du myocarde.

Aucun antidote ne s’est révélé à ce jour efficace pour soigner cette maladie, c’est pourquoi il est très important de reconnaître les symptômes rapidement.

Une partie des chevaux atteints de myopathie atypique meurt dans les 48 à 72 heures suite à l’apparition des premiers signes cliniques. Les chevaux qui parviennent à rester debout ont le plus de chance de survivre.

 

Quels sont les symptômes de la myopathie atypique ?  

 

Les symptômes peuvent apparaitre soudainement. Ils se caractérisent par :

  • Une raideur des membres qui peut apparaître lorsque le cheval parvient à marcher, notamment des postérieurs (premier signe clinique)
  • Une urine de couleur foncée (brun – rouge) causée par la myoglobine. Ce pigment est libéré et éliminé dans les urines lors de la destruction des muscles
  • Des muqueuses congestives ou cyanosées au niveau de la gencive
  • Une faiblesse de façon générale, les chevaux sont la plupart du temps couchés et incapables de se lever
  • La fréquence cardiaque peut aussi augmenter (environ 60 battements/minute)
  • Le cheval peut présenter des tremblements et une sudation excessive
  • Un cheval sur trois présente des signes d’hypothermie, c’est-à-dire une température rectale inférieure à 36°C
  • Le cheval peut présenter des difficultés respiratoires
  • Malgré tous ces signes cliniques, le cheval parvient à garder son appétit

Cette maladie n’est pas qualifiée de contagieuse, mais généralement lorsqu’un cheval est touché, ses congénères de pâture peuvent également avoir ingérés cette toxine.

 

 

Quel traitement pour un cheval touché par la myopathie atypique ?

Après l’apparition des premiers signes cliniques il est nécessaire d’appeler en urgence un vétérinaire car les chances de survies sont infimes.

En attendant le vétérinaire, il faut limiter au maximum les déplacements du cheval qui ne feront qu’accélérer la destruction musculaire et limiter toute source de stress pour le cheval. Par ailleurs, il faut aussi surveiller sa température pour déceler une éventuelle hypothermie. Se munir d’un seau pour récolter l’urine du cheval permettrait au vétérinaire de faire un diagnostic.

Le traitement est surtout symptomatique. Tout d’abord, il faut contrôler la douleur du cheval. Par la suite le traitement permettra de rétablir le taux d’hydratation du cheval, les déséquilibres électrolytiques et soutenir la fonction rénale grâce à une perfusion. La vessie du cheval pourra également être sondée dans la mesure où la toxine s’élimine uniquement par la vessie.

 

Comment reconnaître les érables présentant la toxine de la myopathie atypique ? 

 

Tous les érables ne sont pas nocifs pour le cheval, il est alors important de savoir différencier ceux porteurs de la toxine.

       

En Europe, l’hypoglucine A est présente dans les graines et les plantules de l’érable sycomore. Aux Etats-Unis, cet acide aminé est présent dans les graines de l’érable negundo. Néanmoins, l’érable negundo se développe de plus en plus dans le sud-ouest de la France.

 

Comment prévenir la myopathie atypique ? 

Il est conseillé d’être particulièrement attentif lors des périodes à risque (printemps et automne). En effet, à l’automne les samares vont se disperser plus rapidement avec le vent (elles peuvent se disperser à plus de 100m de leur érable). Au printemps, la dispersion des samares et l’arrivée des beaux jours vont favoriser l’apparition de plantules d’érables tout aussi toxiques que les graines.

Il est alors conseillé de :

  • Limiter l’accès aux pâtures contenant des plantules d’érables sycomores
  • Limiter le temps de pâturage à quelques heures par jour
  • Nourrir les chevaux avant de les mettre au pré
  • Faire une rotation des prés afin qu’ils soient toujours fournis en herbe
  • Ne pas nourrir les chevaux à même le sol
  • Détruire les plantules (à l’aide d’une tondeuse, broyeur, faucheuse de refus… ou en les brûlant). Une fois détruits, attendre que les plantules se décomposent et que l’herbe repousse pour mettre les chevaux au pré
  • Tailler les érables proches pour éviter la production de fleurs et graines.

 

Le réseau d’alerte de la myopathie atypique :

Le RESPE (Réseau d’Epidémio-Surveillance en Pathologie Equine) permet de recenser tous les cas atteints de la myopathie atypique ainsi que sur le site de la Clinique équine de la Faculté de Médecine Vétérinaire (Université de Liège).

Si vous avez connaissance d’un cas merci de le déclarer.

 

Références :

http://labos.ulg.ac.be/myopathie-atypique/

https://equipedia.ifce.fr/sante-et-bien-etre-animal/maladies/appareil-locomoteur/myopathie-atypique.html?L=0

https://respe.net/